Protection hiver

Antigel mazout : éviter la confusion entre -20°C et stockage réel

En Ardenne, une citerne exposée au froid, à l’extérieur ou dans un local non protégé, ne se comporte pas comme un produit en mouvement dans un circuit filtré. La valeur marketing de -15°C ou -20°C ne doit pas être confondue avec le comportement réel du mazout à l’arrêt dans une cuve.

Pourquoi il y a souvent confusion ?

Beaucoup de clients entendent qu’un mazout, un gasoil extra ou un diesel d’hiver “tient à -15 °C” ou “résiste à -20 °C”. Cette information n’est pas totalement fausse, mais elle est souvent mal comprise.

Il faut distinguer trois choses différentes : la norme ou l’essai en filtration, le discours commercial, et la réalité d’une citerne de chauffage immobile.

Filtration / produit en mouvement -15 °C à -20 °C

Cela correspond à la capacité du produit à passer dans un filtre dans des conditions d’essai définies. En dessous, le produit risque de ne plus traverser correctement le filtre.

Stockage réel / citerne à l’arrêt environ -5 °C

C’est le point qui nous intéresse pour une cuve immobile exposée au froid : la paraffine peut commencer à se séparer du mazout.

La norme : un test de filtration, pas une promesse en citerne

Dans le langage technique, on parle notamment de température limite de filtrabilité ou de comportement en filtration à froid. L’idée est simple : on vérifie jusqu’à quelle température un produit passe encore dans un filtre dans un cadre d’essai.

Pour le diesel/gasoil d’hiver, la référence connue est la norme NBN EN 590. En Belgique, le diesel d’hiver est classiquement associé à une tenue en filtration de l’ordre de -15 °C. Beaucoup de raffineurs ou fournisseurs proposent aussi des produits affichés -20 °C / -5 °C.

Le problème est que le public retient presque toujours la meilleure valeur, “-20 °C”, parce qu’elle est plus simple et plus vendeuse. Mais cette valeur concerne la filtration, donc un produit en mouvement dans un circuit, pas une cuve immobile.

La réalité d’une citerne : c’est le point trouble qui compte

Une citerne de chauffage est un stockage sans mouvement. Dans ce cas, la valeur importante n’est pas seulement la filtration à froid, mais le point trouble.

Le point trouble est la température à partir de laquelle la paraffine commence à se séparer du mazout. Pour une citerne exposée au froid, la valeur à retenir est donc plutôt autour de -5 °C.

Ce n’est pas dire que le produit “n’est pas dans la norme”. C’est simplement expliquer que la norme, le marketing et les conditions réelles de stockage ne parlent pas exactement de la même chose.

Pourquoi cela peut boucher une installation

Lorsque la paraffine se forme dans une cuve immobile, elle peut se déposer progressivement dans le fond de la citerne. Si elle est ensuite aspirée par le plongeur, elle peut boucher les filtres, encrasser la tuyauterie et perturber l’alimentation de la chaudière.

Dans des régions comme la Baraque de Fraiture et les hauts plateaux ardennais, il fait régulièrement plus froid que -5 °C en hiver. C’est précisément pour ces situations qu’un traitement antigel peut être utile.

Notre pratique

Lorsque la citerne est exposée au gel, nous ajoutons un antigel au produit non traité en été. En hiver, nous pouvons également l’ajouter à un produit déjà traité, parce qu’un produit conforme en filtration peut malgré tout poser problème dans une citerne immobile exposée au froid.

Cette précaution reste peu coûteuse par rapport aux frais possibles d’une installation bouchée par la paraffine. Elle fait partie des raisons pour lesquelles nous avons rencontré très peu de problèmes de gel en plus de 30 ans dans certaines des régions les plus froides du pays.

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